Les marais salants de Kampot sont exploités à la main, et la récolte du sel a lieu en gros de janvier à avril ou mai, avec un pic en mars et avril. Allez-y en fin d'après-midi : c'est l'heure où les sauniers portent les paniers de sel sur les digues, dans une lumière rasante. De mai à novembre environ, les bassins sont inondés ou au repos : l'arrêt photo reste joli, mais il n'y a rien à récolter. L'accès est gratuit, et les premiers bassins commencent à quelques kilomètres de la ville, sur la route de Kep.
Sommaire
Où se trouvent les marais salants ?
En quittant Kampot par la route de Kep, au bout d'environ 5 km, la plaine se découpe en un damier de bassins rectangulaires et peu profonds, séparés par d'étroites digues de terre et ponctués de hangars de stockage. Les salines continuent par endroits jusqu'à la côte et dans la province de Kep. En 2021, Kampot et Kep comptaient près de 4 750 hectares de marais salants, exploités par quelque 200 familles réunies dans l'association locale des producteurs de sel.
Comme ils bordent la route Kampot – Kep, les marais salants figurent dans presque toutes les excursions dans la campagne de Kampot ou vers Kep. Comptez 15 à 30 minutes sur place, selon l'activité du jour et votre appétit pour la photo.
Comment naît le sel de Kampot
Comme dans tous les marais salants, de Guérande à la Camargue, l'eau de mer, le soleil et le vent font l'essentiel. Ici, presque tout se fait à la main, et lentement :
- L'eau de mer entre. Vers décembre, l'eau du golfe de Thaïlande est amenée ou pompée dans un réseau de canaux et de bassins de réserve.
- Le soleil travaille. L'eau passe dans des bassins plats et peu profonds, où le soleil et le vent l'évaporent jusqu'à ce que les cristaux se forment. Quelques jours de fortes pluies peuvent retarder le tout de dix jours ou plus.
- La fleur de sel d'abord. Les cristaux les plus fins forment une croûte fragile à la surface ; on les cueille à la main avant tout le reste.
- Le ratissage. Le reste du sel est ramené au râteau en petits tas blancs, alignés dans le bassin.
- Le portage. Les sauniers le chargent à la pelle dans des paniers en bambou, suspendus à une palanche posée sur l'épaule. Un panier de sel humide pèse environ 25 kg.
- Le stockage. Le sel est versé dans les hangars, où il attend d'être collecté et nettoyé.
La plupart des sauniers sont des femmes. La journée commence vers 5 h, s'interrompt pour le déjeuner aux heures les plus chaudes, puis reprend jusqu'au coucher du soleil. C'est un travail dur, en plein soleil, et mal payé : début 2023, un sac de 50 kg se vendait sur place environ 25 000 à 28 000 riels, soit 6 à 7 $. À la saison des pluies, beaucoup de ces familles retournent à la rizière.
La production dépend presque entièrement de la météo. Une bonne année sèche, Kampot et Kep peuvent produire 80 000 tonnes ou plus ; une année pluvieuse, une fraction seulement. La production du Cambodge, qui vient presque entièrement de ces deux provinces, atteignait environ 175 000 tonnes en 2015, mais seulement 33 000 en 2017, et les mauvaises années, le pays doit importer du sel.
La récolte du sel mois par mois
| Mois | Ce qui se passe | Ça vaut l'arrêt ? |
|---|---|---|
| Décembre | Préparation des bassins, arrivée de l'eau de mer | Un peu d'activité, peu de sel |
| Janvier | La récolte démarre en général, plus tôt si l'année est sèche ; un janvier pluvieux la repousse parfois en février | Oui, si elle a commencé |
| Février | Récolte en cours | Oui |
| Mars – avril | Pleine récolte : la plupart des bassins sont travaillés, le sel s'empile | Oui, les meilleurs mois |
| Mai | Fin de saison avec l'arrivée des pluies | Souvent, mais elle peut s'arrêter tôt |
| Juin – juillet | La récolte ne dure jusque-là que les années chaudes et sèches | Renseignez-vous sur place |
| Août – novembre | Saison des pluies : bassins inondés ou au repos | Pour la photo seulement |
Ce sont des tendances, pas des dates fixes. Le début dépend de la fin des pluies, et une mousson précoce peut clore la saison des semaines plus tôt. Si le sel est la raison principale de votre venue, un chauffeur du coin saura si les bassins sont travaillés cette semaine-là.
À quelle heure y aller ?
En fin d'après-midi, de 16 h environ jusqu'au coucher du soleil. C'est le moment où les sauniers portent le sel du jour jusqu'aux hangars, où la chaleur retombe et où la lumière dore les bassins. C'est la photo classique, et la raison pour laquelle une bonne excursion dans la campagne finit ici au lieu d'y commencer.
Le petit matin est l'autre option : le travail démarre vers 5 h, l'air est plus frais et la lumière douce. Le milieu de journée est le pire choix : lumière dure, chaleur écrasante, et beaucoup de sauniers à la pause.
Où s'arrêter ?
Pas de billet ni de point de vue officiel : on s'arrête là où des bassins sont travaillés. Quelques conseils :
- Garez-vous bien sur le bas-côté. La route Kampot – Kep voit passer des camions et des bus : ne restez pas sur la chaussée pour une photo.
- Cherchez l'activité, pas le premier bassin venu. Un même jour, certains bassins sont récoltés pendant que d'autres finissent de s'évaporer.
Photographier sans déranger
C'est un lieu de travail, pas une attraction. Un peu de savoir-vivre change tout :
- Demandez avant de marcher sur les digues. Elles sont étroites et tiennent les bassins ; un pied dans un bassin peut abîmer le sel.
- Demandez avant de photographier quelqu'un, surtout en gros plan. Un sourire et un geste vers l'appareil suffisent ; acceptez un refus.
- Laissez passer. Celui ou celle qui porte des paniers de sel mouillé sur l'épaule a toujours la priorité.
- Ne faites pas rejouer la scène. Demander à quelqu'un de refaire un portage pour votre photo, c'est lui imposer un effort pénible de plus.
- Drone : demandez d'abord, et ne survolez pas les gens à basse altitude.
- Ne distribuez ni argent ni bonbons. Si quelqu'un vous a consacré du temps et que vous voulez le remercier, demandez à votre guide comment faire.
Les marais salants en saison des pluies
De mai à novembre environ, soyons francs : il n'y a pas de récolte. Les bassins se remplissent d'eau de pluie ou restent au repos, et les sauniers sont surtout à la rizière. Les photos qu'on voit en ligne montrent presque toujours la récolte : il est facile d'arriver avec de fausses attentes.
Les marais ne disparaissent pas pour autant. Les bassins inondés forment un immense miroir pour le ciel, saisissant par un après-midi d'orage, et les hangars et les digues dessinent toujours le paysage. Voyez-les comme un arrêt photo de cinq minutes sur la route du marché aux crabes de Kep ou de La Plantation, pas comme une destination en soi. En saison des pluies, la campagne a mieux à offrir ailleurs : les rizières bien vertes, le Lac secret à son plus haut et la cascade de Popokvil en eau, sur le Bokor. Nos idées pour ces mois-là : Kampot en saison des pluies.
Partir avec Seth
Seth est né à Kampot et guide depuis 12 ans ; il est noté 5,0 sur Tripadvisor (19 avis). Pendant la récolte, demandez-lui la version après-midi de son excursion Campagne de Kampot, en gardant les marais salants pour la fin, quand la lumière et le travail sont au plus beau. Il y passe aussi pendant la journée complète Kampot & Kep. Il guide en anglais, un anglais clair, salué par les voyageurs français. À Kampot, une demi-journée dans la campagne en tuk-tuk privé coûte en général autour de 20 à 25 $ le véhicule ; Seth vous confirme un prix fixe sur WhatsApp.
FAQ
Quand a lieu la récolte du sel à Kampot ?
En gros de janvier à avril ou mai, avec un pic en mars et avril. Une année sèche peut la prolonger jusqu'en juin ou juillet ; des pluies précoces l'écourtent.
À quelle heure visiter les marais salants ?
En fin d'après-midi, de 16 h environ jusqu'au coucher du soleil, quand les sauniers portent le sel jusqu'aux hangars et que la lumière est douce. Le petit matin est un bon second choix.
Faut-il payer pour voir les marais salants de Kampot ?
Non. Ce sont des salines en activité, au bord de la route. Demandez simplement avant de marcher sur les digues ou de photographier quelqu'un.
Les marais salants valent-ils le détour en saison des pluies ?
Seulement pour un court arrêt photo. De mai à novembre environ, les bassins sont inondés ou au repos et il n'y a pas de récolte.
À quelle distance de Kampot sont les marais salants ?
À environ 5 km de la ville sur la route de Kep, soit 10 à 15 minutes en tuk-tuk.



